Image default
Sécurité alimentaire

Sécurité alimentaire, niveau de production agricole et Animale, Évaluation de la Campagne Agricole 2017-2018 et Bilan Alimentaire du Pays (Rapport Août 2018)

La République Démocratique du Congo est située en Afrique Centrale (FAO, 2013). Elle est à cheval sur l’Équateur et partage ses frontières avec neuf pays notamment l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie à l’Est ; la République centre africaine, le Soudan du Sud au Nord; la Zambie, l’Angola au Sud; le Congo-Brazzaville y compris la partie angolaise de l’Enclave de Cabinda à l’Ouest.


De par l’importance de son potentiel de développement et de sa population à plus de 70 % rurale, les activités agricoles occupent une place de choix dans l’économie Congolaise, et participe à hauteur de 45.7 % au Produit Intérieur Brut (PIB). Actuellement, le principal contributeur au PIB est la production minière ; cependant, l’agriculture joue un rôle important dans l’économie nationale puisqu’elle emploie actuellement 80 % de la main d’œuvre.

Avec un système national de production agricole du type extensif, il est caractérisé par une faible productivité et repose sur une agriculture de subsistance pratiquée par de petites exploitations familiales sur une superficie moyenne de 1 à 2 hectare en culture pluviale, et de 0,5 à 1 hectare en culture irriguée.

La production agricole est tributaire des conditions agro-environnementales dans lesquelles croissent les différentes spéculations. Les paramètres climatiques (les pluies, la température et le taux d’humidité), influencent soit positivement soit négativement la production agricole.
Bien que diversifiés en fonction de la localisation dans le pays, les climats permet de pratiquer une gamme variée des spéculations agricoles ; les étendues d’herbages et des savanes sont susceptibles de supporter des élevages des bovins, ovins, caprins, porcins, et plusieurs espèces de volaille. Les principales filières agricoles sont représentées par filières ci -après :

1. Les filières céréales alimentaires : regroupant le Maïs, le Riz, le Sorgho, le Millet.

2. Les filières oléagineuse et légumineuse : regroupant le Palmier à huile et l’arachide ; le Niébé; le haricot; le soja ;

3. Les filières racines et tubercules : rassemblent le Manioc, la Patate douce, la pomme de terre, le taro et l’igname;

4. La filière fruits et légumes dont le développement est très important se pratique en zone Orientale et Occidentale. Il s’agit de la banane et ses multiples variétés.

Ayant une position centrale en Afrique, la RDC est un lieu d’échanges commerciaux qui sont facilités par le nombre important des points d’entrée (240 points). Elle fait partie de diverses Communautés Régionales d’intégration et organisations de Coopération.

Les importations des végétaux, produits végétaux et autres articles réglementés constituent la voie privilégiée pour l’introduction d’organismes de quarantaine dans le pays. Il est à signaler que la majorité des nuisibles émergeants, observés ces dernières années en République Démocratique du Congo ont majoritairement pour origine, les échanges commerciaux de matériel de plantation, articles règlementés et le changement agro-climatique remarquable dans certaines zones du pays.
Au-delà des nuisibles émergents comme la Chenille Légionnaire d’Automne sur la culture du maïs et de Tuta absoluta sur la tomate, la RDC fait face à diverses maladies et ennemis de culture présents sur son territoire depuis longtemps.

De manière globale, Le secteur agricole congolais est confronté à de nombreuses contraintes d’ordre technique, économique et institutionnel, qui entravent son développement et plonge les populations dans une situation d’insécurité alimentaire et nutritionnelle aigue.

En effet, l’incidence de la pauvreté en RDC reste très élevée en comparaison de celle des autres pays de l’Afrique Centrale. Dans le même temps, la situation nutritionnelle est critique et le retard de croissance ou malnutrition chronique, touche 43% d’enfants de moins de cinq ans.

Vu l’évolution de la situation alimentaire et nutritionnelle en RDC et considérant le devoir du Gouvernement de fixer les indicateurs d’appréciation de la situation relative à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, il s’est avéré indispensable de diligenter une mission conjointe d’évaluation de la campagne agricole 2017/2018, en vue de mettre en place des stratégies nécessaires pour couvrir les besoins en alimentation de la population congolaise.

Au cours de cette mission, il avait été question d’évaluer les niveaux des récoltes disponibles, de la sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi que l’impact de la Chenille Légionnaire d’Automne Spodoptera frugiperda sur la culture du maïs pour la campagne agricole 2017-2018.
Cette évaluation était basée sur une revue des données secondaires, appuyée par des enquêtes de terrain portées sur des entretiens avec des personnes ressources identifiées dans des structures techniques gouvernementales au niveau central et provincial, des institutions spécialisées, des organisations non gouvernementales et des partenaires œuvrant dans la promotion du secteur agricole.

De l’analyse des informations récoltées au cours de cette mission conjointe de suivi de la campagne agricole 2017/2018, ils ressortent les résultats ci-après :

• La production céréalière brute est estimée à 3,2 million T pour l’année de consommation 2017/2018. Elle comprend 2,4 millions T de maïs, 0,6 million T de riz, 0,085 million T de sorgho, 0,016 million T de millet. Comparée à la moyenne 2013-2016, la production du maïs est passée de 2,8 millions T à 2,4 millions T, soit une baisse d’environ -15% ;

• De même, la production totale de riz est passée de 1,8 million T à 0,6 million T soit une baisse de production de -64%. La production brute de manioc est passée de 29,8 millions à 18,5 millions de tonnes, soit une baisse de 37% ;

• Le déficit alimentaire du pays serait d’environ 6,9 millions de tonnes, soit -22% des besoins alimentaires nationaux. Le pays est largement déficitaire en céréales (-10,7 millions de tonnes, soit 83%) ;

• Les bilans céréaliers et alimentaires confirment que l’insécurité alimentaire est davantage un problème d’accès que de disponibilité.

• Le taux de couverture par province des besoins alimentaires est faible pour les céréales et les légumineuses.

• Les marchés ruraux fonctionnent bien et les prix des produits alimentaires sont élevés ; ce qui favorise la tendance générale à la hausse.

• la production animale nationale est en déclin en raison des pillages et des zoo-pathologies récurrentes.

• Les élevages des bovins sont concentrés dans les provinces du Sud Kivu, du Haut-Uélé, du Kwango, du Kwilu et du Kongo Central et que la production porcine est prépondérante dans les provinces du Kongo Central, de la Tshopo et du Kwilu. Les provinces du Kongo Central et de Kwilu sont les deux première zones d’élevage des ovins et des caprins ;

• la malnutrition aiguë globale affecte 8% des enfants de moins de cinq ans selon UNICEF. Ce qui fait apparaitre des disparités importantes observées d’un territoire à un autre ;

• Les indicateurs observés montrent qu’environ 43% des enfants de moins cinq souffrent de la malnutrition et que six provinces sur 26 présentent une prévalence supérieure à 50%, laquelle est considérée comme un seuil d’urgence ;

• Le coût de la faim démontre que les pertes totales associées à la sous-nutrition sont estimées à 1.636,9 milliards de CDF ou 1.771 millions de dollars pour l’année 2014. Ces pertes correspondent à 4,56 % du PIB pour la même année et l’élément déclencheur le plus important dans ces coûts reste la perte de productivité potentielle en raison de la mortalité associée à la sous-nutrition ;

• Environ deux ménages sur trois ont une consommation alimentaire peu diversifiée et reste réduit à trois groupes d’aliments, notamment les tubercules (ou céréales), les légumes (feuilles de manioc, de patate douce) et d’huile de palme et que plus de 15 millions de personnes sont en crise alimentaire selon les résultats préliminaires du 16ème cycle de l’IPC; en comparaison à juin 2017, le nombre de personnes en crise alimentaire est passé de 7,7 millions à 15,6 millions, soit une hausse de plus de 100% ;

• les pertes de récoltes causées par les attaques de la Chenille Légionnaire d’Automne sur les cultures du maïs sont estimées à 45% en moyenne ; en autres termes, le pays a perdu environ 0,9 millions de tonnes de maïs du fait des attaques dus à ce ravageur et au prix moyen de 588 Francs congolais (0,38 USD) par kilogramme, la perte totale est estimée à 357 000 000 UDS en 2017/2018 ;

• Comparées à la campagne agricole 2016/2017, les pertes sur les récoltés ont augmenté de 17%. Ces résultats confirment le manque d’encadrement et l’absence de stratégies de gestion appliquée aux infestations de la Chenille Légionnaire d’Automne en RDC.Aux regards des faiblesses relevées à travers ces enquêtes nous proposons :

En matière de protection des végétaux, produits végétaux et autres articles réglementés, nous proposons, entre autres, ce qui suit :

  1. Institutionnaliser la mission de suivi et de l’évaluation de la campagne agricole comme une activité permanente du Ministère de l’Agriculture en mettant en place une commission chargée de la préparation de cette activité aussi bien au niveau central qu’au niveau provincial ;
  2. Organiser dans l’urgence d’un atelier d’élaboration d’un plan national de riposte contre cette légionnaire en intégrant toutes les parties prenantes de la sécurité alimentaire ;
  3. Prendre en compte par le Gouvernement de la République Démocratique du Congo, à travers le Ministère de l’Agriculture, des questions phytosanitaires avec la même urgence que les questions de Santé publique ;
  4. Développer un Laboratoire National dédié aux questions des maladies et ravageurs des cultures 5. Renforcer les capacités des agents du Ministère de l’agriculture dans le diagnostic des maladies et ravageurs des cultures à travers les initiatives Plantwise et Clinique des Plantes de Kinshasa en RD Congo.

En ce qui concerne l’encadrement des producteurs

  1. Implanter les coordinations provinciales des SNV
  2. renforcer les capacités techniques de vulgarisateurs en ce qui concerne le changement climatique, la sécurité alimentaire et nutritionnelle, l’agriculture sensible à la nutrition,
  3. Vulgariser les bonnes pratiques agricoles en utilisant des approches et techniques modernes de vulgarisation et les variétés bio-fortifiés disponibles (manioc, maïs, haricot).

Pour ce qui est du rendement et des superficies emblavées

  1. Vulgariser de la loi foncière en vue de faciliter l’accès à la terre par les petits agriculteurs.
  2. Rendre disponible les matériel de plantation et variétés résilientes à haut rendement.
  3. Appuyer la structuration des OP afin de les rendre plus opérationnelles.

En ce qui concerne les Zoonoses et maladies animales

  1. Renforcer la surveillance et contrôle des produits d’origine animale et végétale aux frontières ;
  2. Mettre en place un plan national de gestion des zoonoses et des maladies animales, plus spécifiquement chez les petits ruminant, chez les porcs et la volaille.
  3. renforcer le système National de Laboratoire pour le diagnostic, l’identification des maladies tant animales que végétales.
  4. Développer un centre national d’urgence sanitaire

Articles Similaires

Sécurité alimentaire

admin

le Bénin renforce son plan « Faim Zéro »

admin

Tchad : Aperçu de la situation en sécurité alimentaire et nutrition (août 2018)

admin